DNI, une communauté entière dans un vêtement
- Artivistas

- 25 mai
- 3 min de lecture

Bonjour Paulo et Roberto, pouvez-vous commencer par présenter brièvement votre travail et partager vos sources d’inspiration ?
Nous sommes frères jumeaux et, assez étonnamment, nous exerçons le même métier. Nous sommes designers, principalement spécialisés dans le vêtement, et cofondateurs de la marque péruvienne DNI. Nous travaillons également pour d’autres structures dans le domaine de la mode, où nous réfléchissons sans cesse à de nouvelles histoires et de nouveaux récits.
Nos inspirations dépendent évidemment des projets, mais pour DNI nous travaillons surtout autour de la mémoire, des souvenirs d’enfance, de l’artisanat et de la culture populaire latino-américaine. Finalement, nous essayons toujours de partir d’éléments capables de déclencher quelque chose de sensible et d’universel chez les gens.
Vous vous êtes formés et vous avez grandi professionnellement en France, mais vos références culturelles restent profondément péruviennes. Est-ce que cela véhicule une vision particulière de la mode, ou est-ce simplement de la nostalgie ?

Nous avons en effet suivi toute notre formation, de la fin du collège jusqu’à l’école de mode, en France. Cependant, les expériences et les souvenirs de notre enfance au Pérou sont restés très présents et constituent aujourd’hui encore le point de départ de nombreuses réflexions artistiques.
Cela nous permet de développer une vision assez claire à travers nos imprimés textiles et nos broderies, qui occupent une place essentielle dans l’ADN de la marque. Ce n’est pas une simple nostalgie : c’est une manière de raconter des histoires réelles et d’apporter une dimension très personnelle à chacune de nos collections.
Vous aimez mélanger l’art et le design dans vos collections. Pouvez-vous nous raconter pourquoi ? Que vous apportent ces collaborations ?
Nous aimons surtout aller au-delà du vêtement et créer des ponts entre différentes disciplines. Nous pensons que le dialogue avec des artistes nourrit profondément notre réflexion et nous pousse à aller plus loin.
Nous ne trouvons pas beaucoup d’intérêt à créer uniquement des vêtements. Notre plus grande obsession est de raconter des histoires : des récits nourris par les échanges, les rencontres et des créations qui dialoguent entre elles.
L’un des exemples récents est notre collaboration “Cabe el arte en una prenda” avec Fabiola Gonzales. Cette expérience nous a permis d’apprendre les uns des autres et de nous sentir encore plus forts en tant que communauté.
Quelles sont les actualités et les prochains projets de DNI ?
Déjà, notre présence chez Artivistas le dimanche 7 juin après-midi ! Nous réfléchissons également actuellement à un événement de fin d’année au Pérou, qui présenterait notre prochaine collection, sur laquelle nous commençons tout juste à travailler.
Qu’est-ce que l’artivisme pour vous ? Vous définissez-vous comme des artivistes ? Pourquoi ?
Pour nous, l’artivisme consiste à exprimer, à travers la création, une forme d’engagement et de lutte.
Nous ne savons pas vraiment s’il faut se définir soi-même comme artiviste, mais nous avons toujours cherché à transmettre des messages à travers nos collections et notre travail en général.

Par exemple, nous avons caché le message “Agua para todos” dans certaines chemises, car beaucoup de petites villes au Pérou n’ont toujours pas un accès constant à l’eau potable. D’ailleurs, Casa Grande, où nous avons grandi, ne bénéficie toujours pas d’un accès à l’eau à toute heure de la journée.
Plus profondément, nous nous interrogeons sur les districts oubliés du Pérou, où il n’existe parfois aucun véritable espace culturel. Nous avons ainsi décidé de conserver notre maison d’enfance comme un lieu d’espoir culturel et de création.
Est-ce que ces réflexions et ces actions font de nous des artivistes ? Nous pensons simplement travailler avec le cœur.
Quel message aimeriez-vous partager avec notre communauté ?
Faire, tenter, créer des ponts, et surtout ne pas s’enfermer dans l’immobilisme.
Parfois, nous avons peur de nous lancer ou nous nous sentons illégitimes dans certains milieux. Pourtant, notre culture est riche et nos récits sont puissants. Tant que la démarche reste sincère, c’est cela le plus important.









J’aime beaucoup cette manière de transformer le vêtement en support de mémoire, de culture et d’engagement. Le travail de DNI montre que la mode peut raconter des histoires personnelles tout en créant des liens avec toute une communauté. On peut aussi découvrir Only Spins
J’ai récemment lu un article très intéressant sur le projet « DNI : une communauté entière dans un vêtement ». Ce qui m’a marqué, c’est la manière dont un simple vêtement peut devenir un véritable support de mémoire collective et raconter l’histoire d’un groupe de personnes. On parle souvent de mode comme d’un phénomène individuel, mais ici le vêtement devient presque un langage commun qui relie les expériences, les identités et les récits de toute une communauté.
Cette approche montre aussi que les vêtements ne sont pas seulement des objets utilitaires ou esthétiques. Ils peuvent porter des valeurs, des traditions et même une forme d’engagement social. D’ailleurs, en explorant différentes initiatives autour de la culture vestimentaire et des communautés, je…